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Les conflits dans le monde, notamment au Moyen Orient et Afrique, ont accru le nombre des déracinés au cours des dernières années, dépassant en 2015 le seuil de 60 millions de réfugiés, demandeurs d’asile et déplacés. Selon le rapport annuel du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), en 2015 un être humain sur 113 a été forcé de fuir, soit 24 personnes chaque minute, dont plus de la moitié sont des enfants.

Les réfugiés sont souvent au centre de nombreuses prises de paroles politiques et médiatiques tout autant que le drame qu’ils vivent attisent les esprits sur un choc de civilisation.

Le Secours Islamique France, se trouve aujourd’hui plus que jamais au cœur de ces problématiques, tant en France qu’au niveau international.

Toutes les raisons sont réunies pour que le SIF prenne la parole alors que ces phénomènes se produisent dans sa 25ème année d’intervention humanitaire en France et dans le monde.

Pourtant l’objectif de ce colloque ne réside pas que dans le besoin de réagir à chaud à l‘actualité nationale et internationale. Au contraire, il s’agit d’une volonté de prendre de la hauteur, poser une réflexion au-delà de la dimension de l’urgence et des débats qui en oublient souvent les principaux intéressés.

Parce que la condition des réfugiés ne peut pas être traitée que dans l’urgence comme un phénomène exceptionnel – conséquence directe ou indirecte de catastrophes, guerre, pauvreté- elle est devenue désormais une question politique, impliquant tous les aspects de notre « être ensemble dans le monde ».

Dès lors cette question doit être abordée encore une fois comme fait social total. Son effet miroir sur notre société nous oblige à faire introspection, à nous interroger sur la notion même de refuge : jusqu’à repenser les modèles de conceptualisation des phénomènes migratoires et des conséquences autant que leurs impacts.

A l’heure où les politiques instrumentalisent la question migratoire et les médias insistent d’alerter sur la crise des réfugiés, ne serait-il donc pas plus sincère de parler « de question planétaire », d’une humanité en crise ?

Dans un monde qui connait un processus de transformation continue et accélérée, la migration internationale des personnes s’inscrit comme la quatrième composante de la mondialisation, aux cotés des échanges de produits et services, des mouvements financiers et des flux d’information.

C’est le constat irréfutable du rapport McKinsey[1] : « People on the move » est la réalité à la quelle fait écho la demande des migrants et des réfugiés, bloqués aux frontières de l’Europe : “We want to pass ».
Dans ces mots, pas de demande d’aide piétiste, mais une déclaration politique pour une pratique de la libération, qui vient des plus démunis de la Terre, celles et ceux qui fuient un danger et tout quitté.

Se poser des question pour comprendre les réponses que nous sommes en train de formuler face à cette urgence de justice et de réparation qui demandent des populations fragilisées par les migrations forcées.
Quelle responsabilité doit assumer la politique ? Quelles lignes de conduite adoptent les acteurs humanitaires face aux contraintes des dispositifs de contrôle mis en place ? la gouvernance mondiale des migrations est-elle la véritable solution pour garantir la liberté de circulation ? Où se situe la société civile avec l’expérimentation des pratiques d’accueil ? Quel avenir dessiner pour parvenir à bien vivre ensemble, dans la solidarité et vers une citoyenneté universelle ?

Dans cet angle se situe la réflexion soulevée par Secours Islamique France, ONG qui depuis 25 ans est engagée en première ligne à coté des autres acteurs de la solidarité internationale et locale.

Sur tous ces sujets, le Secours Islamique France se veut encore une fois force de proposition et peut contribuer utilement, en jouant un rôle de trait d’union entre l’humanitaire du Nord et les pays du Sud, ainsi que pour sa connaissance spécifique du monde arabo-musulman.